Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 11:31
Ce week-end, le temps de Toussaint devrait jouer les prolongations. Profitez-en pour aller faire un petit tour au salon de la Fureur du noir à Lamballe. La programmation est de qualité avec, entre autres,  la présence de  nombreuses références françaises en matière de polar (Jean-François Coatmeur,  Jean-Paul Jody,  Jean-Hugues Oppel, Patrick Pécherot, Jean-Bernard Pouy et  Marc Villard par exemple).

En toute subjectivité, trois auteurs, pour des raisons différentes,  valent particulièrement le détour:

- Claude Mesplède, une encyclopédie diu polar à lui tout seul, tout en gentillesse en humanité et en savoir-vivre.

- Thîerry Crifo, le seul à ma connaissance à voir interprété, par personnage interposé, un solo des Stones ("Paint It Black", il me semble) dans un cimetière. Jetez-vous sur "La ballade de Kouski" (Série Noire), C'est son premier polar et 'est excellent!

- Enfin, prenez le temps d'une petite pause à la table de Francis Mizio. Si vous aimez la fantaisie, l'humour, la dérision, la sortie hors des sentiers battus, bref lire ce que vous n'avez encore jamais lu, allez-y sans craintes, vous serez servi.
Un petit avant-goût, issu de "La santé par les plantes" (Série Noire), histoire de vous mettre en appétit :

« L’intelligence humaine a cela de fascinant qu’elle n’est qu’une compilation de différentes sortes de stupidités et que chacun d’entre nous, étant plus stupide dans un domaine que dans un autre, arrive toujours à passer pour un malin s’il est plongé dans un milieu d’idiots non spécialisés ».


Le samedi 15 et le dimanche 16 novembre à Lamballe


Par Bruno Ségalotti - Publié dans : RDV
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 19:20

Une fois n'est pas (forcément) coutume. France 2 nous a régalés mardi soir, ainsi que le mardi précédent, avec l'adaptation de deux polars  historiques de Jean-François Parrot.

Le personnage principal, Nicolas Le Floch, commissaire royal, enquête dans le Paris du XVIIIe siècle, à la recherche d'odieux criminels, passant des bas-fonds de Montfaucon aux hôtels de passe et aux grandes maisons nobles avec un égal bonheur. Du vrai polar, avec une hiérarchie policière qui ne fait aucun cadeau, des accusés qui ont forcément des relations et  des indics (qu'on appelait encore des "mouches" à l'époque) p lus ou moins retors....

L'adaptation est signée Hugues Pagan, ancien flic et référence du polar...contemporain. Les comédiens, Jérôme Robart en tête, (mention spéciale également au bourreau Samson, criant de vérité) tiennent la route, la reconstitution est particulièrement soignée.

Et cerise sur le gâteau, les dialogues s'avèrent d'une grande qualité, avec l'emploi d'un vocabulaire  et de temps (l'imparfait du subjonctif, notamment.. Oui, oui, ça existe encore) issus en droite ligne du siècle des lumières. Une petit extrait :

"- Ces accusations sont sans fondement!

- En attendant,,déposez le votre sur ce fauteuil et écoutez-moi!"

Bref,,un vrai moment de plaisir. D'autres épisodes sont en préparation. On ne peut que s'en réjouir...
Par Bruno Ségalotti
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 19:37

 

 

Vous ne connaissez pas Caryl Ferey ? Dépêchez-vous de combler cette lacune, il gagne à être connu. « Haka », Uyu », « Zulu », autant de titres, autant de réussites.

 

« La jambe gauche de Joe Strummer » ne vous fera voyager ni en Nouvelle Zélande, ni en Afrique du Sud, comme les titres précédemment cités. Ne vous y trompez pas : derrière un titre…curieux (et pourtant, moi aussi, je suis un fan des Clash…), on assiste en fait à un voyage intérieur, celui de Mc Cash, l'Irlandais borgne, un ancien de l’IRA, un ancien flic, ancien tout en fait, Il  "cache" son œil de verre derrière un bandeau et  va de désillusions en désillusions. La cinquantaine bien entamée, il est seul, avec son avenir derrière lui. Enfin, il le croit… Un courrier de Carole, une ex, lui apprend qu’elle va mourir et qu'elle va laisser une fillette de neuf ans, Alice, dont Mc Cash est le père. Quand le sort s’acharne…

 

S’en suit une intrigue sur fond d’enfance maltraitée, de magouilles immobilières, mais l’essentiel est ailleurs. Mc Cash est père et il va bien falloir qu’il s’habitue à cette drôle d’idée…

 

Tout tourne en fait autour de ces deux personnages, le père qui sait et qui se tait, la fille qui ne sait pas


L’écriture est nerveuse, les phrases courtes, le désespoir à couper au couteau. Si le roman noir n’existait pas, Caryl Ferey l’aurait inventé…

 

Par Bruno Ségalotti
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 09:34

 

 

Il y a des choses qui finissent par me hérisser le poil. La nébuleuse qui tourne autour de ce qu’on appelle le « polar breton » en fait partie. Un fois pour toutes, le polar breton n’a pas d’existence réelle, enfin pas plus que d’autres. Lehane fait-il du polar bostonien, Dessaint du polar cassoulet, Ferey du polar néo-zélandais, Pouy fait-il du polar « made in breizh » quand la vache de « Larchmütz 5632 » se promène dans les champs au pied des Montagnes Noires ?

 

Non, non, bien sûr que non ! Bien sûr, je cite volontairement des références nationales, voire planétaires, histoire de choquer un peu, mais arrêtons de tout mélanger. Bien sûr, comme d’autres, j’ai choisi ma région comme cadre de mes histoires et je continuerai. J’y suis attaché, je n’ai pas envie d’aller vivre ailleurs, je lui rends donc hommage au travers la localisation de certains lieux un peu étranges, propices au déroulement d’intrigues. Les lecteurs découvrent des endroits qu’ils ne connaissaient pas, ou retrouvent des points de repère. C’est très bien, cet objectif-là est atteint…mais il y en a d’autres !

 

Mais la localisation d’une histoire n’est qu’un ingrédient, important, certes, mais pas plus que d’autres. Le fait que l’intrigue se passe à Saint-Brieuc, à Rennes, Morlaix, la pointe du Raz, est-il plus important que l’histoire, les relations entre les personnages, le style, la dénonciation de certains faits politiques ou sociaux, le suspense, bref l’envie de faire partager tout ce qui me donne envie d’écrire, quelque chose de fort, d’intense ?

 

Je ne crache pas dans la soupe, mais l’un des intérêts de la lecture n’est-il pas aussi d’aller au-delà du coin de sa rue, de s’évader, d’aller voir ailleurs, de voyager dans sa tête ?

 

Ce que l’on appelle à tort le polar breton est un polar comme les autres. Excellent, bon ou moins bon, chacun ses goûts, qu’importe, là n’est pas la question. Il est édité en Bretagne, imprimé en Bretagne, vendu principalement en Bretagne (encore qu’à l’heure d’Internet…) et sa spécificité est là, elle est avant tout éditoriale. Alors, arrêtons de créer des ghettos là où il n’y a pas lieu…

Par Bruno Ségalotti - Publié dans : Humeur
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