Partager l'article ! A lire : « Alger la noire » de Maurice Attia: Il y avait au moins trois bonnes raisons que je mette le nez dans « Alger la noire » ...
Il y avait au moins trois bonnes raisons que je mette
le nez dans « Alger la noire » (2006).
1) j’adore le polar
2) j’adore l’histoire politique
3) je suis passionné par la Guerre d’Algérie.
Alors, imaginez mon bonheur de mettre la main sur une histoire qui mêle l’ensemble.
Nous sommes en 1962, la guerre d’Algérie tire à sa fin. L’Algérie Française est perdue, récupérer trahie par la « Grande Zohra » (Je ne connaissais pas ce surnom du Grand Charles) Les Algériens
vont (enfin !) récupérer leur terre, les pieds-noirs n’ont plus beaucoup d’alternatives : entre la valise et le cercueil, le FLN et l’OAS, leur monde s’écroule et leur vie bascule dans
l’horreur et la violence.
Au milieu de ce chaos, Paco Martinez, inspecteur de police, se refuse rageusement à prendre parti. Ni barbouze, ni OAS, il s’obstine à enquêter sur l’assassinat d’un couple de jeunes gens, une
blanche et un arabe, dans des circonstances étranges. Une enquête difficile, presque dérisoire au milieu de tous ces cadavres qui s’amoncellent de part et d’autre Mais Martinez, qui navigue
à vue entre l’amour des deux femmes de sa vie, Irène sa maîtresse et sa grand-mère, ulcéré par l’assassinat de Choukroun, son collègue et son meilleur ami, a un gros défaut : il est têtu, très
têtu…
Attia mélange avec beaucoup de subtilité la grande Histoire et celle de ses personnages. Ses personnages, notamment celui de Martinez, tout en finesse et en sensibilité, est campé de façon
remarquable.
Sur le plan de la technique d’écriture, l’idée de faire parler à tour de rôle ses quatre personnages principaux à la première personne du singulier, est vraiment originale et donne un autre
éclairage, une autre épaisseur au récit. Rapide, nerveux, incisif, tendre, violent et désespéré tout à la fois, on ne s’ennuie pas une seule seconde et ces 384 pages se dévorent.
Enfin, last but not least, la qualité du livre, en tant qu’objet. « Alger la noire » est édité chez Actes Sud, dans la collection « Babel noir », une belle couverture, un papier épais que l’a
envie de caresser du bout des doigts, c’est un vrai bonheur de le tenir en mains.
Mais, cela, les partisans du livre numérique ne le comprendront jamais.
A noter qu’une suite, qui porte le nom de « Pointe rouge » a été publiée en 2007. j'en salive à l'avance...
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